En Midi-Pyrénées

Les délégations départementales
Rejoignez nous !
LIBRAIRIE & DOC
Site national

Lot

Qui sommes-nous

L’origine de notre association « Maisons paysannes du Lot » est étroitement associée à la fondation de « Maisons paysannes de France » en 1965 par Roger Fischer et le Dr. Alfred Cayla.  C’est au second surtout que nous nous intéresserons. Alfred Cayla (1891-1983) était médecin hospitalier en région parisienne à Neuilly. Originaire du Lot, il y possédait une demeure familiale et n’avait de cesse d’arpenter toute la région muni de son appareil photo (en réalité un vérascope Richard, appareil à vues stéréoscopiques) afin de témoigner de la vie paysanne en train de disparaître pour faire place à l’industrie agricole actuelle. Les milliers de photos de maisons, de puits, de pigeonniers, de cazelles, de linteaux de portes ou de fenêtres, de granges ou de bergeries qu’il avait prises ont été léguées aux archives départementales du Lot. Elles sont consultables sur www.patrimoine-lot.com dans la rubrique photothèque. Il a donné tous ses négatifs aux archives photographiques devenues Médiathèque de l’architecture et du patrimoine et il avait utilisé bon nombre de ses photos dans les livres qu’il avait écrits, dont on trouvera une liste sur notre site au chapitre Documentation – Livres. Certains de ces livres débordaient le strict cadre du Quercy et s’intéressaient aussi aux maisons de Guyenne, de Gascogne, du Rouergue ou des Cévennes.

Le second personnage lié à notre association est Jean-Pierre Nouveau. Cet ingénieur spécialisé dans la conception de fours sidérurgiques, amoureux passionné de l’architecture rurale, cherchait une maison à restaurer et après de longues recherches, trouva enfin son bonheur avec une ruine perdue sur le causse d’Espagnac-Sainte-Eulalie, abandonnée depuis bien longtemps, qu’il restaura avec tellement de goût que cela lui valut en 1987 le prix René Fontaine de la meilleure restauration, décerné par Maisons paysannes de France. « En recevant ce prix, j’ignorais encore qu’une porte allait s’ouvrir sur une activité qui deviendrait presque un second métier. Il y a beaucoup de similitude en effet, une certaine continuité, entre mon métier d’ingénieur et la restauration des maisons anciennes : l’observation, le sens des proportions, l’importance des  détails, la reconnaissance des bons professionnels, du travail bien fait. » Dès qu’il eut un peu de temps à consacrer à l’association, de simple adhérent, Jean-Pierre Nouveau devint délégué du Lot en 1993, secrétaire général de 1993 à 1995, puis vice-président de Maisons Paysannes de France de 1997 à 2000. Devenu véritable spécialiste des constructions rurales du Quercy, il s’investit sans compter dans leur défense et le conseil à ceux qui les rénovent, parcourant 5000 km par an, visitant élus locaux et adhérents, éditant près de 50 lettres d’information trimestrielles et six dépliants techniques de six pages, imprimés à 5000 exemplaires, organisant plus de 150 circuits de découverte du patrimoine lotois. Il redynamisera ainsi la délégation du Lot, la faisant passer de 35 adhérents à plus  de 380, avant de faire de même avec celle de l’Aveyron puis enfin celle du Tarn.

La troisième personnalité dont nous parlerons dans cette rubrique, est notre actuelle présidente Joëlle Maillard. Pour ne pas déroger à la règle, elle aussi tomba amoureuse d’une ruine en Bouriane et investit tout son temps et une bonne partie de son argent à la restaurer en compagnie de ses enfants et de son mari Raymond, violoncelliste qui nous enchante dans les concerts estivaux qu’il donne avec ses amis à Marcilhac-sur-Célé ou à Gramat. Chaque année, elle organise des sorties dans tout le département et même un peu au delà, pour découvrir la beauté de l’habitat du Quercy, pour admirer mais aussi pour critiquer telle restauration ou telle construction architecturale actuelle.

IMG_6839 IMG_6842
IMG_6841 IMG_6851

L'habitat rural ancien en Quercy

carte

Un certain nombre de données communes à toutes les maisons quercynoises créent une "musique architecturale" propre au Lot.

A l'intérieur, le cantou, espace du foyer, avec ses deux coffres à sel pour s'asseoir près du feu, la souillarde, espace évier, extension en berceau plus ou moins profonde de la salle, deux symboles de l'architecture intérieure.

A l'extérieur, dans les maisons à étage, l'accès à la pièce à vivre se fait souvent par un large escalier extérieur aux épaisses rembardes de pierre, menant à un perron couvert ou bolet, qui peut devenir galerie sur toute la longueur de la maison. Cet espace abrité prenait une grande importance pour la vie domestique. La treille agrémentait la façade et offrait le plaisir du raisin de table ; le vert bleuté, traces de multiples sulfatages, y fait encore chanter l'enduit et la pierre. Toutes ces petites exploitations vivant en autarcie, avaient souvent un four à pain, un pigeonnier intégré à la maison ou simplifié jusqu'à quelques trous d'envol dans un mur, pour recueillir la colombine-engrais.

Selon les besoins, des annexes, granges-étables, establous, soues à porcs, poulaillers ... étaient ajoutées. Les terres avoisinantes permettaient la culture des céréales et du foin. Sur un terrain proche de la maison il pouvait y avoir une vigne. L'art de la pierre sèche s'est traduit, sur les étendues calcaires, dans les cazelles couvertes de lauzes empilées en tas de charge, dans les murs des potagers, les bords des chemins... mais également dans les terrasses des cultures et les cayrous, tas de pierre, produits d'un épierrement incessant.

L'eau, très inégalement répartie, est un facteur de diversification de l'habitat lotois, ainsi les citernes recueillent l'eau de pluie et les puits ou fontaines, quand une veine d'eau affleure. Sur le Causse de Gramat, coeur du Haut-Quercy, c'est la pierre qui a permis la réalisation d'une large variété de constructions. Presque toujours gélive, ceci explique que les murs des maisons soient complètement enduits. Les toitures dites "celtiques", comme dans d'autres pays du Lot, ont une forte pente nécessaire au chaume, et à l'empilement des lauzes calcaires ; la même pente ayant ensuite convenu aux tuiles plates qui leur ont succédé lorsque les tuileries se sont multipliées dans les vallées. Ces toitures sont généralement à deux pentes, avec des demi-croupes et des coyaux.

Dans les grandes étendues calcaires du Causse de Limogne, aux toits méditerranéens ou celtiques s'ajoute le volume plus complexe, dit à la Mansart avec brisis de lauzes calcaires empilées et terrasson en tuiles canal.

Le Quercy blanc, par contraste avec le calcaire gris du Causse de Gramat ou le calcaire ocre de la Bouriane, doit son nom à la pierre crayeuse, très blanche et tendre, où les tuiles canal des toitures créent des contrastes tranchés d'ombres et de lumière. Les appareillages sont particulièrement soignés et les escaliers d'accès à l'étage souvent perpendiculaires à le façade, débouchent sur un bolet galerie. L'architecture du Quercy blanc est liée à la proximité de la vallée du Lot et de ses régions viticoles.

La Bouriane, pays forestier, avec ses maisons aux toitures à quatre pentes, annonce le Périgord par la couleur de sa pierre.

Le Limargue, fait la transition entre le Causse de Gramat et le Ségala dont le nom vient de seigle, base de l'économie locale avec la châtaigne qui était séchée dans les sécadous. Les toits sont à forte pente couverts de lauzes de schistes épais, ou méditerranéens, couverts de tuiles canal sur des volumes massifs, aux toitures largement débordantes protégeant les entrées de granges et les balcons galeries en bois, qui peuvent s'étendre sur toute la façade.

Mais on n'oubliera toutefois, comme l'expriment les dessins que l'on pourra trouver dans la galerie de dessins, cette notion fondamentale : chaque maison fait partie d'une famille avec un visage et une personnalité.

 

Galerie de dessins

des5

Les dessins que vous trouverez dans cette section, sont, pour la plupart, dûs à Florence Issaly ou à Aline et Raymond Bayard. Nous signalerons les autres lorsque nous en connaissons l'auteur.

 

 

IMG_20160409_0020

Avec ses deux pigeonniers et sa lucarne centrale,  cette maison présente une symétrie fréquente dans cette partie du causse de Gramat. Les toits celtiques sont à forte pente pour le chaume, pour les lauzes calcaires en tas de charge, puis pour la tuile plate. Les murs sont bordés par des festons de génoise à deux ou trois rangs qui protègent les murs du ruissellement de l'eau. (Corn, vallée  du Célé) IMG_20160409_0006
  IMG_20160409_0007  

Le calcaire ocre de Bouriane contraste avec le calcaire gris du causse de Gramat. Deux pigeonniers jumeaux, élancés et élégants, encadrent le volume de l'habitation au toit à quatre eaux, terminé par des épis de terre cuite. La grange, en revanche, possède un toit méditerranéen couvert de tuiles canal.

 

 

Toiture à quatre eaux couverte de lauzes de schiste. La charpente est très pentue pour reporter une grande partie de la charge de la toiture sur les murs. Les lauzes sont percées et fixées par des chevilles de bois d'acacia sur un platelage de châtaignier ou de peuplier. Le faîtage porte deux épis de terre cuite émaillée. (Lamativie)

 IMG_20160409_0010
IMG_20160409_0009  

 

Dans la région de Bretenoux er de Saint-Céré, ce type de charpente à la Mansart permet d'obtenir un très grand volume de grenier. Le brisis, très incliné, possède un coyau, couvert de tuiles plates ou de lauzes de schiste tandis que le terrasson à faible pente, est souvent couvert de tuiles canal.

 

Les murs de grès jaune ou rouge, de roches éruptives de couleur sombre ou de granite gris du Ségala, sont enduits. Maison à toit méditerranéen en tuiles canal avec large débord. Présence d'une galerie au niveau de l'habitation et d'une galerie supplémentaire au niveau du grenier pour y faire sécher une partie des récoltes.

IMG_20160409_0002
IMG_20160409_0011 Maison de plein pied du causse de Gramat, dont les jambages de portes et les encadrements chanfreinés indiquent le XVIIIème siècle. Une cazelle, ici à toiture conique, à base circulaire (elles sont souvent en forme de cloche à base circulaire ou quadrangulaire) couverte d'une voûte en "tas de charge", est un bon exemple de l'art de la pierre sèche. (Théminettes)
Dans le Limargue, au sol argilocalcaire, une maison XIIIème-XIVème siècle, exceptionnellement conservée. Elle est intéressante pour plusieurs détails : le balcon supporté par des solives dépassant formant corbeaux et les colombages en croix de Saint-André, remplis de mortier de chaux. (Camboulit) IMG_20160409_0012

 

IMG_20160409_0016 Maison du Quercy blanc avec toit méditerranéen en tuiles canal souligné d'une génoise. L'auvent du bolet, en prolongement de la pièce à vivre à l'étage, est supporté par deux piliers monolithes. On y accède par un monumental escalier de pierre. Le pigeonnier est à plusieurs niveaux et son toit à forte pente er à coyaux est couvert de tuiles plates. (Lalbenque)

 

Le Quercy blanc doit son nom à la nature de son sol calcaire crayeux. Maison et pigeonnier à toit méditerranéen couverts de tuiles canal et bolet traditionnel à piliers de pierre. L'importance de l'engrais dit "colombine", se vérifie au nombre imposant de trous d'envol, non seulement sur le pigeonnier mais aussi sur le mur de la maison, au niveau du grenier. (Vaylats) IMG_20160409_0017

 

IMG_20160409_0021 Les maisons de Bouriane ont souvent des lucarnes particulièrement soignées. Le bolet abrité par un auvent en tuiles rondes (tuiles canal) prolonge la toiture de tuiles plates. (Saint- Germain du Bel Air Gourdonnais)

 

Très ancienne maison du Figeacois. Toit celtique avec coyau couvert de lauzes. Une échauguette (symbole de pouvoir) en encorbellement qui paraît insolite sur une maison paysanne modeste, indique une maison forte sur une position stratégique. Maison de "l'Aiguille" (Figeac).

IMG_20160409_0005

 

IMG_20160409_0003 Le causse de Limogne a une architecture locale très variée. Maison et pigeonnier sont couverts de lauzes calcaires. Le pigeonnier central hors-oeuvre prend ici beaucoup d'importance : un débord de pierre ou randière, empêche les rongeurs de pénétrer. (Saint Jean de Laur).

 

Dans la vallée du Lot, maison de vigneron aisé, exceptionnelle par la position de son escalier sous voûte formant bolet qui abrite également l'entrée de la cave. A l'origine, la partie supérieure, au-dessus de la voûte en plein cintre, était un vaste pigeonnier comme en témoignent d'anciennes photographies. (Castelfranc). IMG_20160409_0004

 

IMG_20160409_0001 Deux habitations sur le causse de Gramat ayant chacune son four à pain et son fourniol. Les encadrements de fenêtres du premier étage du pigeonnier, dont l'un est daté 1784, sont taillés à l'aiguille avec des linteaux courbes. Des plaques de rives sous les demi-croupes et les coyaux protègent les murs du ruissellement de l'eau. La souillarde et le cul du four à pain sont couverts de lauzes. Les épis de faîtage sont taillés dans la pierre

 

et voici encore quelques beaux dessins de maisons paysannes quercynoises :

 

IMG_20160409_0019

(Espagnac)

IMG_20160409_0018

(Espagnac, petite maison dans le chemin après la cabine téléphonique)

 

IMG_20160409_0035

(Cardaillac)

IMG_20160409_0034

(Espédaillac, la maison de M. Caudoux)

 

IMG_20160409_0022

(Moulin à Lamothe Fénelon)

IMG_20160409_0014

(L'"Oustal parlaïre" à Figeac)

Photothèque

 

Documentation

Contact

Vos interlocuteurs :

Mme Joëlle Maillard, déléguée départementale
Le mas Delord, 46250 Gindou
ou 8 Passage des Deux-Sœurs 75009 Paris
Tél : 01 42 93 45 41
Mail : lot@maisons-paysannes.org

Jean-Pierre Vermande

06 07 16 29 34
05 65 40 57 70

Pierre Barrat

06 51 04 65 48

Nous écrire :